1924 05 27: Paul Tschoffen et Pie XI

This is a newspaper clipping from the Vatican Secretariat of State Archives relating to a visit by the former sillonist Paul Tschoffen to Pope Pius XI in 1924.

English translation

Mr Tschoffen’s visit to Rome

The Minister of Industry and Labor tells us about his impressions of his meeting with His Holiness Pius XI

Dispatches from Rome informed us that Mr Tschoffen, sent to the Eternal City to represent the government at the International Congress on Immigration and Emigration, had been received in audience by the Sovereign Pontiff, who discussed Belgian affairs with him.

We asked the honorable minister what impressions he had taken away from this papal audience; we also asked him to tell us, to the extent he felt authorized, what the scope of his meeting with the Pope had been. We reproduce here very faithfully the very interesting statements that Mr Tschoffen made to us.

The Holy Father, he told us, received me with paternal eagerness and truly touching simplicity. After expressing his pleasure at welcoming the minister of a country for which he feels a very special affection, Pius XI spoke to me about Belgian affairs with a competence and precision in his research that demonstrate his attentive concern for our interests and that nothing escapes his notice.

The Belgian Catholic Youth Association

His Holiness told me how delighted he was by the admirable movement of Belgian Catholic youth. Pius XI sees in the activity of Catholic youth, which is particularly intense in Belgium, France, Italy, and Czechoslovakia, a promise of true religious renewal. When I took the liberty of asking him if he believed that young people should, before reaching the age of intellectual maturity, dedicate themselves to public, social, or political action, His Holiness replied with these words, which I believe I remember almost verbatim:

Collective charity, of which political action is one form, is also necessary…

The Christian Worker Movement

“I am happy,” Pius XI was kind enough to tell me, “to see you at the head of the Department of Labour, whose importance is growing daily. I love workers so much. We must have confidence in them and in their professional organizations. Imbued with the Christian spirit, they can contribute effectively to social pacification.”

On several occasions, Pius XI emphasized this idea: that we must trust workers, reason with them, and convince them, along with employers, that the interests of capital and labor are convergent and not contradictory.

His Holiness reminded me that his father, who ran a silk factory, had never had any serious difficulties with the workers he employed. His staff loved him; yet he was a demanding boss, requiring absolute discipline, but he was as kind as he was fair, and the workers appreciated him.

Pius XI asked me for details about Christian workers’ organisations in Belgium. When I told him that the Christian unions had about 200,000 members, he expressed great joy. He asked me if their numbers had decreased in recent years and was very pleased with my negative answer.

Having learned from me that I would be addressing various workers’ assemblies on the anniversary of the encyclical “Rerum Novarum,” the Holy Father authorized me to tell Christian workers that he especially blessed them.

The Language Question

The Holy Father spoke to me about our linguistic difficulties with a precision that proved to me his thorough understanding of the matter. He told me he was pleased to see that there was currently a period of détente and that he fervently hoped for complete peace.

Original French

Le voyage de M. Tschoffen à Rome

Le ministre de l’Industrie et du Travail nous dit les impressions que lui a laissées son entretien avec S. S. Pie XI

Les dépêches de Rome nous ont appris que M. Tschoffen, envoyé dans la Ville Eternelle pour y représenter le gouvernenent au Congrès International de l’Immigration et de l’Emigration, avait été reçu en audience par le Souverain Pontife, qui ‘était entretenu avec lui des affaires belges.

Nous avons demandé à l’honorable ministre quelles impressions il avait emporté le cette audience Pontificale; nous l’avons également prié de nous dire, dans la mesure, où il s’y jugeait autorisé, quelle avait été la portée de son entretien avec le Pape. Nous reproduisons ici très fidèlement les déclarations fort intéressantes que nous a faites M. Tschoffen.

Le Saint-Père, nous a-t-il dit, m’a reçu avec un paternel empressement et une simplicité vraiment touchante. Après avoir bien voulu me dire qu’ll était heureux d’accueillir le ministre d’un pays pour lequel il ressent une toute spéciale affection, Pie XI m’a entretenu des affaires belges avec une compétence et une précision dans la documentation qui démontrent qu’ll se préoccupe de nos intérêts avec un soin attentif, et que rien ne Lui échappe.

L’Association de la Jeunesse Catholique belge

Sa Sainteté m’a dit combien l’admirable: mouvement de la jeunesse catholique belge. la réjouissait. Pie XI voit dans l’activité de la Jeunesse catholique qui se manifeste particulièrement intense en Belgique, en France, en Italie et en Tchécoslavoquie, une promesse de véritable rénovation religieuse. Comme je me permettais de lui demander s’il estimait que les jeunes gens devaient, avant d’avoir atteint l’âge de la maturité intellectuelle, se donner à l’action publique, sociale ou politique, Sa Sainteté m’a répondu par ces mots dont je crois me souvenir presque textuellement :

La charité collective dont l’action politique est l’une des formes, est aussi nécess…

Le mouvement ouvrier chrétien

« Je suis heureux, a bien voulu me dire Pie XI, de vous voir à la tête du département du Travail dont l’importance grandit de jour en jour. J’aime tant les travailleurs. Il faut avoir confiance en eux et dans leurs organisations professionnelles. Pénétrées d’esprit chrétien, elles peuvent contribuer efficacement à la pacification sociale. »

A diverses reprises. Pie XI a insisté sur cette idée qu’il faut faire confiance aux ouvriers raisonner avec eux, les convaincre, en même temps que les patrons, que les intérêts du capital et du travail sont con vergents et non contradictoires.

Sa Sainteté m’a rappelé que son père qui était à la tête d’une soierie, n’avait jamais eu, avec les travailleurs qu’il occupait de difficulté sérieuse: Son personnel l’aimait; pourtant c’était un patron exigeant une discipline absolue, mais il était bon autant que juste, et les ouvriers l’avaient apprécié.

Pie XI m’a demandé des détails sur les organisations ouvrières chrétiennes en Belgique. Comme je lui disais que les syndicats chrétiens groupaient environ 200,000 adhérents, il a manifesté une joie très vive. Il m’a demandé si pendant ces dernières années, ces effectifs n’avaient pas diminué et s’est montré très heureux de ma réponse négative.

Ayant appris par moi qu’à l’occasion de l’anniversaire de l’Encyclique « Rerum Novarum », je prendrais la parole devant diverses assemblées ouvrières, le Saint Père m’a autorisé à dire aux travailleurs chrétiens qu’ll les bénissait spécialement.

La question linguistique

Le Saint Père m’a entretenu de nos difficultés linguistiques avec une précision qui m’a prouvé qu’ll connaissait la question dans le détail. Il m’a dit qu’ll était satisfait de constater qu’il y avait actuellement une détente et qu’ll faisait des voeux ardents pour une pacification complète.

SOURCE

Vatican Secretariat of State Archives

161 P.O. 9