1929 09: JOC France to ¨Pius XI

Relazione sull’attività e l’organizazione della J.O.C (Jeunesse Catholique ouvrière) de Francia

2413/29

Très Saint Père

Humblement prosternés aux pieds de votre Sainteté, je viens Lui présenter l’hommage et l’affection des Jocistes de France Je viens également Lui dire ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait

et quelles sont leurs aspirations.

Comme ils le chantent joyeusement :

“Nous referons chrétiens nos frères, Par Jésus Christ nous le pourrons,”

ils veulent ramener à Jésus-Ouvrier, leurs camarades de travail que l’organisation économique moderne a déchristianisés, et que le socialisme et le communisme ont égarés et déçus.

Comme l’écrit M. l’abbé Cardijn, que nous reconnaissons comme l’âme et le père du mouvement jociste,” les ouvriers ne voient plus dans l’Eglise le guide sûr et vigilant pour la conquête de leurs légitimes aspirations.”

Les Jocistes veulent par leur organisation, promouvoir un mouvement ouvrier chrétien qui aille “chercher dans la doctrine catholique son inspiration et son esprit”. La J. O. C. est une école de jeunes chefs ouvriers chrétiens dont la noble ambition est d’encadrer tous leurs camarades d’usine et d’atelier pour faire rayonner dans la classe ouvrière, la vérité de l’Evangile et l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Cette tâche est évidemment très difficile Mais voici les résultats consolants et presque inespèrés que les Jocistes de France ont déjà obtenus en moins de deux ans.

En septembre 1927, les cotisants étaient au nombre de 350, groupés en 25 sections et formant 3 fédérations.

L’année suivante, en septembre 1928, ils étaient 5.500, groupés en 190 sections et 25 fédérations.

Actuellement, septembre 1929, ils sont 8.500 dans 327 sections, 34 fédérations et 14 sous fédérations. Dans ces nombres ne sont pas compris les nombreux sympathisants qui assistent aux réunions, bénéficient des services jocistes mais ne sont pas encore autori- sés à porter l’insignë. Vingt trois fédérations nouvelles sont en voie de formation.

Au cours de l’année 1928 – 1929, les fédérations ont tenu 149 congrès régionaux et plus de 200 réunions de propagande qui, à elles seules, ont réuni 30.000 personnes, spécialement à Paris,

Lyon, Lille, Roubaix, Tourcoing et Marseille.

La Jeunesse Ouvrière Féminine, quoique de fondation plus récente n’en a pas moins enregistré des résultats consolants En mare 1928, elle ne groupait que 70 cotisantes. Actuellement, elle en groupe 1.700 réunies en 60 sections et 14 fédérations Elle a tenu 30 congrès féminins régionaux, réunissant environ 6.000 personnes et 160 réunions de propagande, groupant 15.000 personnes environ.

Les récentes semaines d’études ont groupé venues de toutes les régions de la France, 800 dirigeants ouvriers à Issy les Moulineaux, et 200 dirigeantes ouvrières A Vanves-Malakoff près de Paris. Ainsi la J.O.C. et la J.O.C.F. étendent leur action à près de 45 diocèses.

L’action sur la masse ouvrière, soit à l’usine, soit à l’atelier, est assurée par le journal “La Jeunesse ouvrière” dont le tirage était de 3.000 en juillet 1927, 39.000 en juillet 1929 et est actuellement de 60.000. Cependant de mensuel, à l’origine, on a été rapidement amené à le rendre bi-mensuel. Si la progression se continue à être ce qu’elle est aujourd’hui, le tirage sera de 100.000 à la fin de l’année. A ce moment, on le rendra hebdomadaire. Le journal “La Jeunesse ouvrière féminine ” tire à 20.000.

Ces journaux sont vendus par les jeunes gens et les jeunes filles elles-mêmes dans la rue, à l’usine et à l’atelier

Grâce à ces 140.000 et bientôt 300.000 journaux répandus chaque mois dans la masse ouvrière, la J.O.C. espère assainir peu à peu l’atmosphère dans laquelle vivent et grandissent les jeunes ouvriers.

Ces deux publications sont faites surtout pour les non-chrétiens qu’il s’agit d’accoutumer peu à peu aux principes évangéliques.

De là leur vient leur caractère particulier et nouveau.

Ces chiffres prennent une valeur particulière quand on les compare à ceux du tirage du journal communiste ” L’Avant-garde ” organe des jeunes gens affiliés au Parti communiste français, et; qui est inférieur à 15.000.

La J. O. C.. dite encore deux autres organes destinés plus spécialement à la formation religieuse, morale et sociale des dirigeants et militants. Ce sont, pour les jeunes gens : ” L’Equipe ouvrière qui tire à 3.600; et pour les jeunes filles : ” L’Equipe ouvrière féminine” qui tire à 1.100.

La formation religieuse des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières et spécialement assurée par les Retraites et les Récol lections qui sont de plus en plus nombreuses et ferventes. Au cours de la dernière année, les jeunes gens ont participé à 72 Retraites et Récollections, totalisant 2.600 présences ; et les jeunes filles ont participé à 38 Retraites et Récollections avec 780 présences.

A Paris, deux prêtres du diocèse et deux Pères Jésuites sont exclusivement attachés à la direction de la J. O. C.. En province, des aumôniers trop peu nombreux mais vraiment zèles y prètent leur concours.

Ainsi se forment de jeunes apôtres ouvriers et ouvrières qui portent Notre Seigneur à leurs frères de travail. De nombreux baptèmes et Premières Communions sont obtenus chaque mois. A Paris le fait est tellement fréquent qu’on ne le signale même plus.

Le goût de la vie intérieure et de l’union à Dieu est entrete nu chez beaucoup de militants et de militantes par la méditation faite chaque jour durant dix minutes ou un quart d’heure. Parmi ceux-ci on en rencontre fréquemment qui ne quittent pas la présence de Dieu durant leur travail, même parmi les bruits de l’usine. Un résultat consolant a été obtenu : 45 Jocistes se préparent au Sacerdoce dans différents séminaires et 50 jeunes filles sont entre en religion.

Pour assurer son action et pour être utile à ses membres, la J.O.C.. a organisé un certain nombre de services.

Le placement : en un seul mois la fédération de Paris a procuré du travail à près de 300 jeunes ouvriers et apprentis.

l’épargne : de septembre 1928 à septembre 1929, les versements ont été de près de 200.000 francs.

l’orientation professionnelle pour les enfants sortant des écoles.

le service” accidents de travail

le service de librairie et de bonne presse.

le service éducatif : projections lumineuses, chansons, etc.

un secrétariat général pour les jeunes gens assuré par quatre permanents et quatre employés.

un secrétariat général pour les jeunes assuré par quatre permanente.

Mais tout ceci n’est pas même l’ébauche de ce que la J.O.C. voudrait faire pour la classe ouvrière Elle est jeune et elle prépare encore son propre avenir . Elle voudrait qu’un jour elle soit vraiment l’organisation à la fois éducative, religieuse et professionnelle groupant en elle de nombreux jeunes apprentis fiers d’être purs et chrétiens, et encadrant en plus grand nombre encore ces milliers et milliers de jeunes ouvriers et jeunes ouvrières qui gardent au coeur un peu d’idéal et qui ne savent comment le réaliser.

Alors la J.O.C. aura contribué à l’organisation ouvrière chrétienne que la lettre récente de la Sacrée Congrégation du Concile à Mgr l’Evêque de Lille a indiquée comme étant celle que la Sainte Eglise désire voir réaliser.

Telle est, Très Saint Père, l’oeuvre accomplie par les Jocistes de France. Avec la paternelle bénédiction que je sollicite humblement de votre Sainteté pour eux, leurs dirigeants et leurs aumôniers, ils resteront les Fils très soumis et très dévoués de la sainte Eglise, et ils continueront à étendre le règne de Jésus-Ouvrier parmi leurs compagnons de travail.

SOURCE

Vatican Secretariat of State Archives

France 715 PO 263