JEUNESSE OUVRIERE CHRÉTIENNE
SECRETARIAT GÉNÉRAL
7. RUE SAINT-VINCENT
PARIS XVIII
TÉLÉPH.: NORD 03-41
Très Saint Père.
Admis à l’immense honneur de voir et d’entendre le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Chef aimé de toute la Chrétienté, nous voudrions, jeunes ouvriers de France, vous exprimer en termes nobles et éloquents notre joie filiale et notre religieuse fierté.
Mais nous sommes moins habiles à tourner de balles phrases qu’à manier nos outils ou à rendre service à nos camarades.
Cependant est-il besoin de mots savants pour traduire les sentiments qui remplissent nos coeurs à cette heure unique de notre existence? Nous ne le pensons pas. C’est si simple de vous dire, Très Saint Père, que les jocistes de France vous aiment ardemment comme des fils et, soumis et dévoués, vous suivent jour où nous avons quitté l’école pour connaître les dures réalités de la vie de travail, nous aurions voulu vous crier par-dessus les frontières notre reconnaissance et notre admiration pour avoir pour avoir si souvent pris la défense de nos âmes d’adolescents et exalté si magnifiquement notre condition d’ouvrier!
Aujourd’hui que nous avons la faveur inouïe de vous voir, nous vous disons, Très Saint Père, au nom des 15,000 jocistes de France et même au nom de tous les jeunes travailleure de notre pays: “Merci de toute notre âme au Pape de l’Action Catholique, merci au Pape des jeunes travailleurs”.
Vous avez si bien compris, Très Saint Pere, nos besoins, nos misères, nos espérances.
Le laïcisme mortel, que vous dénoncies dans votre première Encyclique, a chassé Dieu de l’usine; il a soustrait le monde du travail, en particulier, à l’influence du Christ et de son Eglise. Nous voulons, nous les jeunes fidèles à vos enseignements, l’y faire rentrer en Souverain Seigneur et en Sauveur, afin que dans la classe ouvrière aussi se réalise votre devise in Paix du Christ dans le Règne du Christ”.
Pour cela nous nous sommes groupés, à l’exemple de nos frères les vaillants jocistes de Belgique, afin de constituer en plein milieu de travail, au coeur de chaque usine, le germe d’une société chrétienne qui, par son action fraternelle y ferait pénétrer la doctrine et la vie même de l’Eglise.
Nous ne sommes encore qu’un embryon d’armée, un germe, mais nous sommes décidés à grandir et à tout envahir.
Aussi nous vous promettons, Très Saint Père, de ne pas prendre de repos, de ne pas nous arrêter avant. d’avoir rendu au Christ Notre-Seigneur toute la Jeunesse ouvrière de France.
Votre Bénédiction si précieuse, Très Saint Pere, nous en obtiendra la force et nous emporterons vos conseils paternels comme une consigne sacrée et comme le gage de la Victoire.
Vive Pie XI – Vive l’Action Catholique
SOURCE
Vatican Secretariat of State Archives
France 715 PO 263