1931: JOCF France: Préparation pour Rome

“Je ne sais pas ce que sera votre pélerinage, mais, je puis vous dire, les larmes aux yeux, qu’il est immense le bien réalisé dès avant le départ grâce à une telle préparation”.

(un vieux prêtre qui visitait l’exposition des cadeaux préparés pour le Souverain Pontife.)

I) COMMENT LES JOCISTES ONT TROUVE L’ARGENT DE LEUR VOYAGE…

2) COMMENT LES JOCISTES ONT SU INTERESSER A LEUR PELERINAGE

LEURS FAMILLES

LEURS ATELIERS

LEURS QUARTIERS.

3) COMMENT LES JOCISTES ONT MIS TOUTE LEUR AME A S’Y PREPARER.

Quelques faits parmi des milliers.

COMMENT ELLES ONT TROUVE L’ARGENT DE LEUR VOYAGE

Pour elles.-

“Depuis 2 ans, je n’ai pas pris un seul jour de vacances, en vue de Rome”.

(Paris-Sud)

“Depuis 1 an, les jocistes de la section ne vont plus au coiffeur, afin d’économiser pour Rome”.

(Hérault)

“Depuis 10 mois, plusieurs jocistes font à pied une heure de route 4 fois par jour en se rendant à l’usine pour économiser les 14 sous de leur ticket de métro”.

(Paris)

“Une militante jociste change de travail afin de gagner plus en vue de Rome, quoique ce nouveau travail l’oblige à partir chaque jour à 4 h.1/2 du matin pour faire en bicyclette les 20 km qui la séparent de cette nouvelle usine”.

(Isère)

“Elle a pour toute fortune: sa bicyclette; elle n’a jamais voulu s’en séparer. Et pour aller à Rome, elle vient de la mettre à la salle des ventes”.

(Marseille)

“Une jeune travailleuse veut faire un cadeau à son amie qui est jociste. Ne sachant quoi lui offrir elle lui demande de lui dire ce qui lui ferait plaisir. La jociste qui, elle-même, n’ira pas à Rome, répond que le plus grand plaisir qu’on lui fera est d’aider la caisse de Rome. Et la jeune travailleuse qui, maintenant a compris ce que c’est que la J.O.C. verse 50 francs à la caisse de Rome”.

(Moselle)

Pour leur section. –

“Une militante qui depuis 2 ans fait chaque soir une heure supplémentaire pour aller à Rome, vient dire à son aumônier : “Je ne suis pas digne, d’autres le méritent plus que moi. D’autres sauront mieux que moi faire rayonner au retour ce qu’elles auront appris. Envoyez-les; je reste. Voici mes économies”. (Il y avait dans l’enveloppe 500 francs gagnés sou par sou).”

(Neufchâteau)

COMMENT LES JOCISTES ONT SU INTERESSER A CE PELERINAGE :

LEURS FAMILLES 

LEURS ATELIERS 

LEURS QUARTIERS

Leurs familles. –

“Les parents d’une jociste s’étonnent d’un pélerinage qu’ils ne comprennent pas. Mais elle met tant de ténacité depuis 2 ans pour économiser que, touchés, les parents, pauvres cependant, se privent aussi depuis 3 mois pour l’aider”.

(Paris Sud)

“La maman d’une militante aime énormément les petites bêtes de son clapier et de son poulailler. Et finalement, touchée par le zèle de sa fille, elle met en vente lapins et poules, son unique trésor, pour le pélerinage”.

(Isère)

Leurs ateliers.-

“Pour le Saint Père, les émailleuses de la section… ont fait une bouilloire. Pour l’étiquette de cette bouilloire, les typographes de la section ont voulu travailler. Devant leurs efforts malhabiles, les lithographes de l’atelier, tous communistes ont repris l’ouvrage et après trois jours de travail ont exécuté, pour le Pape, un splendide album”.

(Paris-Sud)

“Dans un bureau, les dactylos, souvent bavardes, disent aux jocistes: “On n’a rien à donner nous, on n’est pas jocistes, ni même pratiquantes, mais, pour vous faire plaisir, on va offrir au Saint Père ce qui nous coûte le plus : une heure de silence”.

(Paris Sud)

Leurs quartiers.-

Il faut compter plus de 500 réunions, de 500 réunions, séances, kermesses, conférences pour expliquer au public le pélerinage.

“A la réunion de propagande pour Rome, G.L. prend la parole, et, dans un auditoire composé de chômeurs, de pauvres gens, explique si bien que l’on va faire la quête pour aller à Rome qu’elle fait applaudir le Souverain Pontife par toute la salle”.

(Paris Sud)

“Une dame que sa femme de ménage vient de quitter, attend 15 jours avant d’en prendre une nouvelle afin de réserver au budget de la section l’argent qu’elle économise ainsi”.

(Boulogne)

COMMENT LES JOCISTES ONT MIS TOUTE LEUR AME A SE PREPARER

“Ce qui nous fait peur, c’est de n’être pas assez prêtes, c’est de ne pas assez comprendre l’Eglise avant d’aller à Rome”. (paroles dites par des jocistes à leur aumônier après un Cercle d’Etudes préparatoire à Rome)

(Est)

“Une dirigeante ne peut se rendre à Rome à cause de sa santé épuisée par le travail. Aussi comprend-elle sans peine que celles qui partent ont besoin d’être solides pour profiter du pélerinage. Elle demande donc pour leur assurer un peu de repos, quelques volontaires qui assureront à leur place la vente du journal: six s’engagent aussitôt en disant : “Nous ferons leur travail : il ne faut pas qu’elles soient fatiguées “pour pouvoir penser à nous là-bas, auprès du Pape”.

(Toulouse)

“Mon travail m’a bien fatiguée cette semaine. Vendredi le directeur nous a fait décharger un camion de 12.000 bouteilles en plein soleil. Nous étions 2 jeunes filles, de 10 h. du matin à 6 h. du soir. Nous avions chaud, et les reins pliés en deux nous faisaient bien mal. Enfin, c’est pour Rome… et cette journée a été offerte avec beaucoup de courage”.

(Paris Est)

“A S.C.. des ouvrières de l’usine des lampes travaillent dans un atelier où elles doivent plonger des ampoules dans de l’essence. Les émanations éthyliques sont tellement fortes qu’en sortant le soir, les plus jeunes, intoxiquées, titubent, dans une sorte d’ivresse, et ce sont les plus grandes qui, les prenant par le bras, doivent les ramener à la maison. Malgré cela, elles ont trouvé la force de venir encore à toutes les veillées d’adoration pour Rome”.

(Paris Sud)

“Ce qui est magnifique, c’est de voir l’effort de ces humbles pour mieux comprendre la Papauté”.

(Paroles de Mgr Salek, archevêque de Beyrouth à la suite d’une conférence préparatoire à Rome, à Paris)

Il y a eu plus de 600 veillées d’adoration pour grouper auprès du Tabernacle celles qui partaient et pour aider aussi celles qui restent à s’unir aux partantes.

L’INVISIBLE CORTEGE

“Berthe aussi mérite bien d’aller à Rome; mais elle n’aura jamais l’argent nécessaire. il y a 2 petits frères à la maison, et on a besoin de tout ce qu’elle gagne… Pourtant… la “fédération aidera, mais cela ne suffit pas. Alors, les autres militantes de sa section donneront ce qu’elles pourront. Une apporte 9 sous à sa présidente (que de sacrifices muets ils représentent ces petits sous économisés un par un). Une autre donne ses 20 Frs que chaque année on lui donne pour dépenser en vacances. Une autre lui prêtera sa robe pour l’audience (elle n’en a pas de sombre et d’assez bien). Une autre encore lui prête son chemisier et sa blouse de travail pour mettre dans le train… “Et puis, s’il te manque quelque chose, dis-le”.

(Toulouse)

Comme celle-là est bien la représentante de toutes.

Demain les jocistes arrivant à Rome présenteront au Saint Père des cadeaux, spécimens du travail de chaque section.

“Pour chacun de ces cadeaux toutes les jocistes de la section ont voulu y collaborer: telle montre a été montée avec amour par 12 jocistes. Tel coussin a été confectionné intentionnellement par 20 ouvrières différentes tellement chacune a tenu à offrir au Saint Père quelque chose de SON travail”.

Chaque cadeau a ainsi son histoire..

Chaque pélerine aussi…

Autour du cortège des 1155 jocistes, il y a l’invisible cortège de toutes celles qui ont préparé, voulu, désiré, ce pélerinage et que la santé, le chômage, ou les conditions de vie retiennent au loin, mais qui, de toute leur âme, sont en route avec les jocistes :

VERS LA MAISON DU PERE

ARCHIVES

Vatican Secretariat of State Archives

France 715 – 231