1950 09 04: Mgr Cento: Closing address to YCW Priests Meeting

DISCOURS DE CLOTURE

à la Journée Sacerdotale de la J.O.C.

Prononcé par Son Excellence Monseigneur CENTO (4 septembre 1950.)

Débordant de joie, l’âme encore toute remplie des plus belle et douces impressions, l’Ambassadeur du Souverain Pontife se sent heureux de prendre la parole, à la clôture de cette Journée Sacerdotale, qui suit et couronne l’inoubliable et triomphale journée d’hier.

Les deux insignes orateurs officiels d’aujourd’hui ont, avec une éloquence touchante et une autorité indiscutable, envisagé magistralement le problème de l’Eglise et du prêtre face à la question ouvrière dans le monde, question qui prime, en ce moment, toutes les autres et constitue le plus grand souci de ceux qui ont conscience de la gravité de l’heure.

Je pense, je pense… Si hier, si aujourd’hui, assistait à nos séances le Pape Pie XI, du coeur blessé duquel s’était échappé un jour, la douloureuse phrase: “Le plus grand scandale du siècle est le fait que les masses ont déserté l’Eglise”! S’il était présent ici, son grand coeur se serait gonflé d’émotion, en constatant que cet affreux scandale est en train de perdre ses proportions alarmantes, grâce à l’avance incoercible d’une jeunesse nouvelle, la J.O.C.., qui marche sous le signe de la Croix.

Il avait prévu et pressenti sa mission, lorsque, dans sa mémorable Encyclique “Quadragesimo Anno”, il écrivait: “Nous apercevons, à la grande joie de notre âme, des phalanges serrées de jeunes travailleurs chrétiens, qui se lèvent à l’appel de la grâce divine et nourrissent la noble ambition de reconquérir au Christ l’âme de leurs frères”.

Et avec quel empressement affectueux il avait reçu, en 1929, ces mêmes phalanges de jocistes belges, qui, devant Lui, s’engagea à “rebâtir le monde”!

Mais cette satisfaction inexprimable, Dieu la réservait à sc successeur, le Pastor Angelicus, qui, lui aussi, a eu pour la J.O.C. des tendresses plus que paternelles, dont les documents saisissant ce que vous avez déjà fait en faveur de ces jeunes gens, sur lesquels nous formons de si grandes espérances.

Vous avez bien mérité de la cause catholique, vous êtes dignes d’être cités à l’ordre de l’armée.

Mais ces paroles s’adressent avant tout et surtout à vous, Monseigneur Cardyn, qui avez écrit un chapître d’importance exceptionnelles dans l’histoire contemporaine du Christianisme.

Vous vous êtes donné compte que la lutte des classes n’est pas seulement un fait, mais le fait décisif de notre époque. Enfant du peuple, vous en avez compris l’âme, les besoins, les aspirations; assoiffé du divin, vous avez voulu et su l’en imprégner, travaillant à supprimer la distance qui le sépare du Chris seul vrai vengeur de ses droits..

Pénétré de la doctrine des Encycliques, vous vous êtes dépensé sans compter, avec une ardeur inlassable, à ce qu’elles ne restassent pas lettre morte.

Un écrivain anglais, qui vous a consacré un essai très saisissant, Stanley James, le concluait par ces paroles solennel les: “Gloire à Dieu donc, pour nous avoir donné, dans une heure de si grande nécessité, une personnalité douée des qualités que réclamait le vingtième siècle!”

Laissez-moi vous dire que moi aussi et, j’en suis sûr, avec moi tous les assistants, nous nous unissons à cette voix de louange au Tout-Puissant, Le priant de vous conserver longtemps encore à la Belgique à l’Eglise, au monde.

Et maintenant, je me permets de vous donner une consigne. Je reprends celle de l’éminent Archevêque de Paris: “Continuez”. Mais cela se complèterait avec une formule chère à Pie XI:

 “Toujours plus et toujours mieux!”

SOURCE

Vatican Secretariat of State Archives

Belgium 384